« Ils agressent une femme et lui dessinent des croix gammées sur le ventre »

« VERSAILLES, 10 juil 2004 (AFP) - Six hommes ont violemment agressé, vendredi matin dans le RER D, entre Louvres et Sarcelles (Val-d’Oise), une jeune femme de 23 ans qu’ils croyaient juive, avant de lui dessiner des croix gammées sur le ventre, a-t-on appris samedi de sources policières.
Les six agresseurs, d’origine maghrébine et armés de couteaux, ont coupé les cheveux de la jeune femme, accompagnée de son bébé de 13 mois, puis ont lacéré son tee-shirt et son pantalon, avant de dessiner au feutre noir trois croix gammées sur son ventre.
Les six jeunes hommes, qui étaient montés dans le train à la gare de Louvres, avaient commencé par bousculer la jeune mère, puis lui avaient dérobé son sac à dos, qui contenait ses papiers d’identité.
C’est en voyant qu’elle avait une adresse dans le XVIe arrondissement de Paris - où elle n’habite plus - qu’ils auraient déduit qu’elle était juive, ce qui n’est pas le cas, a-t-on précisé de sources policières .
"Dans le XVIe il y a que des juifs", avait alors lâché un des six hommes, avant que le groupe ne commence à agresser la jeune femme, a-t-on précisé de mêmes sources.
Les agresseurs avaient ensuite pris la fuite en renversant la poussette, faisant tomber le bébé à terre, et en emportant le sac de la victime qui contenait, outre ses papiers d’identité, sa carte bancaire et une somme de 200 euros.

La police judiciaire de Versailles (Yvelines) a été saisie de l’affaire.»
ms-sic-eg/jcp/sb


Verbatim

- Quels éléments aviez-vous à l'époque pour démarrer aussi fort ?
- On avait plusieurs témoignages, heu... d'autorités policières et... d'autorités politiques... qui concordaient. Et donc on pensait heu... que plusieurs sources sources policières et politiques se recoupant, heu... on avait vérifié l'information.
Jean-Michel Thenard, directeur adjoint de la rédaction de Libération.

«De fait, c'est le Président de la République qui valide heu... en quelque sorte, cette agression. Et puis le Président de la République, c'est a priori un des hommes les mieux informés de France»
Hélène Jouan, chef du service politique, France Inter.


jeudi 22 novembre 2007

Déposition d'une plainte au commissariat d'Aubervilliers

« Aujourd’hui à 9h37 j’ai pris le train de la ligne D au départ de la station Louvre. J’étais avec mon bébé de 13 mois. Dès que je suis montée, j’ai vu un groupe de six jeunes venir vers moi. Un des jeunes s’est approché et m’a dit : « ça serait bien cette petite poussette pour ma sœur ». Ils ont essayé de détacher mon bébé de sa poussette. L’un d’eux a commencé à fouiller dans mon sac à dos. Dans le wagon, il y avait une vingtaine de personnes [...]. Le jeune qui fouillait dans mon sac a trouvé ma pièce d’identité et a dit tout haut : « c’est une gosse de bourges [bourgeois], elle vient du XVIe [arrondissement de Paris], elle doit être blindée de tunes [être très riche] ». Un de ses copains a dit : « il n’y a que des juifs dans le XVIe ». C’est à partir de là qu’ils ont commencé à s’énerver. Ils ont commencé à me griffer le visage. Avec son couteau, un jeune a déchiré mon tee-shirt, puis mon pantalon. Heureusement, je n’ai pas été blessée par ces coups de couteaux. L’un d’eux a pris un marqueur. Pendant qu’il dessinait sur mon ventre, un autre a dit : « tu vas nous laisser un souvenir ». Il m’a coupé une mèche de cheveux. Juste avant de descendre, ils ont fait tomber la poussette par terre et m’ont dit : « tu n’as pas intérêt à porter plainte parce qu’on sait où tu habites ». Il y avait beaucoup de train, mais personne n’a bougé ».

[Transcription depuis la lecture du « Compte-rendu d’infraction initial » établi au Commissariat d'Aubervilliers le vendredi 9 juillet 2004 à 15h20, lu in Eric Découty et Silovic Vassili, L’invraisemblable affaire du RER D, Paris, Point du Jour Production, 2005. Bien que n'indiquant pas d'éventuelles coupes sur ce documents décrit ailleurs comme long de "trois pages" dactylographiées, cette lecture du premier procès-verbal enregistrant une plainte pour délit de « Violences volontaires en réunion ; Dégradations volontaires de biens ; Actes racistes » semble respecter l’essentiel de la lettre du document original que les réalisateurs ont pu se procurer.]

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